DPGF : guide complet de la décomposition du prix global et forfaitaire
La DPGF (Décomposition du Prix Global et Forfaitaire) est un document financier incontournable des marchés publics de travaux. Elle détaille poste par poste le prix global proposé par l'entreprise, permettant à l'acheteur d'évaluer la cohérence du chiffrage. Bien remplir sa DPGF est un exercice technique qui conditionne directement la note prix de votre offre. Ce guide vous explique tout : définition, différences avec le BPU et le DQE, méthode de remplissage, erreurs fréquentes et spécificités liées au désamiantage.
Qu'est-ce que la DPGF ?
La DPGF est un tableau fourni par l'acheteur public dans le DCE, que l'entreprise candidate doit compléter avec ses prix. Ce document intervient spécifiquement dans les marchés à prix global et forfaitaire, où l'entreprise s'engage sur un montant total pour l'ensemble des travaux décrits dans le CCTP.
Contrairement au devis classique où l'entreprise définit librement sa structure de prix, la DPGF impose une décomposition prédéfinie par l'acheteur. Chaque ligne correspond à un poste de travaux identifié dans le CCTP. L'entreprise doit renseigner le prix unitaire et/ou le montant total pour chaque ligne, sans modifier la structure du document.
La DPGF sert plusieurs objectifs pour l'acheteur :
- Comparaison des offres : en imposant une structure commune, l'acheteur peut comparer les prix poste par poste entre les candidats
- Détection des offres anormalement basses : un poste chiffré à un prix dérisoire peut révéler une incompréhension du marché
- Gestion des modifications : en cas d'avenant, la DPGF sert de référence pour évaluer l'impact financier des modifications
- Suivi d'exécution : la DPGF permet d'établir les situations de travaux et les acomptes
Pour comprendre comment la DPGF s'intègre dans le processus global de réponse, consultez notre guide répondre à un appel d'offres BTP.
DPGF, BPU, DQE : quelles différences ?
Ces trois documents financiers sont fréquemment confondus. Ils correspondent à des types de marchés différents et n'ont pas le même usage.
| Critère | DPGF | BPU | DQE |
|---|---|---|---|
| Signification | Décomposition du Prix Global et Forfaitaire | Bordereau des Prix Unitaires | Détail Quantitatif Estimatif |
| Type de marché | Prix global forfaitaire | Prix unitaires / bons de commande | Prix unitaires (estimation) |
| Contenu | Postes + montants forfaitaires | Prestations + prix unitaires | Prestations + quantités + prix unitaires + totaux |
| Engagement | Montant total fixe | Prix unitaires fixes, quantités variables | Estimation, quantités indicatives |
| Risque quantités | Porté par l'entreprise | Porté par l'acheteur | Porté par l'acheteur |
Point clé : dans un marché à prix global et forfaitaire (DPGF), l'entreprise supporte le risque lié aux quantités. Si les travaux réels sont plus importants que prévu, le prix reste inchangé (sauf avenant). C'est pourquoi la précision du chiffrageest absolument critique lors du remplissage de la DPGF.
Dans la pratique, les marchés de travaux BTP utilisent le plus souvent la DPGF. Le couple BPU/DQE est davantage utilisé pour les accords-cadres et les marchés à bons de commande, où les quantités ne sont pas connues à l'avance.
Comment remplir une DPGF étape par étape
Le remplissage de la DPGF est un exercice méthodique qui nécessite une bonne compréhension du marché et une maîtrise de vos coûts de production. Voici les étapes clés.
Étape 1 : Analyser le DCE en détail
Avant de toucher à la DPGF, lisez intégralement le CCTP, le CCAP et les plans. Chaque ligne de la DPGF correspond à un poste décrit dans le CCTP. Vous devez comprendre précisément ce qui est attendu pour chiffrer correctement. L'analyse du DCE par IA peut accélérer considérablement cette étape.
Étape 2 : Décomposer chaque poste en sous-détails
Pour chaque ligne de la DPGF, décomposez le coût en catégories : main d'œuvre (heures × taux horaire chargé), matériaux (quantités × prix unitaires), matériel (location ou amortissement), sous-traitance le cas échéant. Cette décomposition interne n'est pas transmise à l'acheteur, mais elle garantit la cohérence de votre chiffrage.
Étape 3 : Appliquer vos coûts réels
Utilisez vos propres données de coûts, issues de vos chantiers précédents et de vos consultations fournisseurs. Ne vous fiez pas uniquement aux ratios génériques du marché : vos coûts réels (charges sociales, taux horaire, frais de déplacement) sont la base d'un chiffrage fiable.
Étape 4 : Intégrer frais généraux et marge
Ajoutez les frais généraux de l'entreprise (structure, administratif, assurances) et votre marge bénéficiaire. Le coefficient de vente (déboursé sec × coefficient) doit être calibré en fonction de la concurrence attendue sur ce marché et de votre stratégie commerciale.
Étape 5 : Vérifier et contrôler
Vérifiez que le total de la DPGF correspond à votre offre de prix (acte d'engagement). Contrôlez la cohérence entre la DPGF et le mémoire technique : les moyens décrits dans le mémoire doivent correspondre aux coûts chiffrés dans la DPGF.
Erreurs fréquentes à éviter
Le remplissage de la DPGF est source de nombreuses erreurs qui peuvent coûter le marché. Voici les pièges les plus courants.
Lignes à zéro non justifiées
Indiquer 0 € sur une ligne sans explication peut être interprété comme un oubli et déclencher une demande de justification (offre anormalement basse) ou un rejet de l'offre. Si un poste est inclus dans un autre, précisez-le.
Incohérence DPGF / mémoire technique
Si votre mémoire technique décrit l'utilisation d'un matériel coûteux mais que la ligne correspondante dans la DPGF est sous-chiffrée, l'évaluateur le remarquera. La cohérence entre les documents est essentielle.
Erreurs de calcul
Les erreurs arithmétiques (totaux qui ne correspondent pas, TVA mal calculée) donnent une image d'amateur. Vérifiez systématiquement chaque total et sous-total avant soumission.
Sous-estimation des aléas
Dans un marché forfaitaire, vous supportez le risque quantités. Ne chiffrez pas au plus juste : intégrez une provision pour aléas, particulièrement sur les postes à risque (terrassement, désamiantage, structures existantes).
Modifier la structure de la DPGF
Ajouter, supprimer ou fusionner des lignes est interdit et constitue un motif de rejet de l'offre pour non-conformité. Remplissez le document exactement tel qu'il est fourni.
Oublier les postes indirects
Installation de chantier, nettoyage, repliement, études d'exécution, plans de retrait : ces postes sont souvent sous-estimés mais représentent une part significative du coût total, surtout en désamiantage.
DPGF et désamiantage : spécificités
Le chiffrage d'une DPGF de désamiantage présente des spécificités que les entreprises généralistes du BTP maîtrisent rarement. Les postes spécifiques à intégrer comprennent :
- Préparation et confinement : mise en place des zones de travail confinées, sas de décontamination, dépression, contrôle étanchéité
- Équipements de protection : EPI spécifiques amiante (combinaisons, masques à ventilation assistée), consommables
- Analyses et mesures : mesures d'empoussièrement, analyses META/MOCP, contrôles libératoires
- Gestion des déchets : conditionnement, transport, élimination en ISDD ou ISDND, bordereaux BSDA
- Plan de retrait : rédaction, soumission à la DIRECCTE, délai d'un mois avant démarrage
- Suivi médical : visites médicales spécifiques des opérateurs amiante
- Formation : recyclage des formations SS3 du personnel intervenant
Ces postes représentent souvent 30 à 50 % du montant total d'un chantier de désamiantage. Les sous-estimer conduit inévitablement à des pertes financières sur le marché. Le PPSPS et le devis estimatif générés par Smart BTP prennent en compte ces spécificités.
Automatiser le chiffrage avec l'IA
Le remplissage d'une DPGF est un travail fastidieux qui peut être considérablement accéléré par l'intelligence artificielle. Smart BTP analyse le DCE (CCTP, DPGF vierge, plans) et produit un devis estimatif qui reprend la structure de la DPGF, avec des estimations pour chaque poste.
Le processus est simple : vous déposez le DCE sur la plateforme. L'analyse automatisée identifie la nature des travaux, les quantités estimées et les contraintes techniques. À partir de ces données, Smart BTP génère un chiffrage préliminaire que vous affinez ensuite avec vos propres prix unitaires, conditions d'achat et politique tarifaire.
Les avantages de l'automatisation du chiffrage :
- Gain de temps : le chiffrage préliminaire est disponible en quelques minutes au lieu de plusieurs heures
- Exhaustivité : l'IA identifie systématiquement tous les postes du CCTP, réduisant le risque d'oubli
- Cohérence : le chiffrage est automatiquement cohérent avec le mémoire technique et le PPSPS, car tous sont générés à partir de la même analyse
- Base de travail solide : le chiffrage IA constitue un point de départ fiable à ajuster, pas un résultat final
Comme pour tous les documents générés par Smart BTP, le chiffrage automatisé doit être systématiquement relu et validé par un professionnel avant soumission. L'IA accélère le travail, elle ne remplace pas l'expertise. Pour en savoir plus sur l'utilisation de l'IA dans les appels d'offres, consultez notre guide IA et appels d'offres BTP.
Questions fréquentes
La DPGF (Décomposition du Prix Global et Forfaitaire) est un document financier exigé dans les marchés publics à prix global et forfaitaire. Elle détaille le prix total de l'offre en le ventilant par postes de travaux, permettant à l'acheteur de vérifier la cohérence du chiffrage et de détecter les offres anormalement basses.